Fonds Oecuménique Des Ententes Familières
Analyse
Poems from CONSOLAMENTUM by Evelyne Delaye
by order of initial entry:
La Vuivre is Oiseme Gasville’s little stream and Armand Dubois was a tramp from Paris.
Flavie is one of our daughters who married François, Swiss by nationality.
The translation is not very good. There are even some mistakes in English. It is literal, but translating poetry is extremely difficult, and the translator has to recompose the poem, sometimes deviating from it to be closer to the meaning AND the resonance. At the very least, he must be an English-speaking poet too in most cases. I am not able to do this and I don’t know anyone who can do it.
Laurent Delaye
Dédicace
Abat-Jour et rabat joie
Côté cour et côté loi
Fin du jour et feu de bois
Côté cour et côté croix.
Sans recours et jeu du Roi
Côté cour et caveau froid
Qui secourt et qui s’accroît ?
Point du jour et feu de joie.
De toujours et c’est pour toi.
Avril 1995
Dedication
Lampshade and killjoy
Courtyard side and law side
End of the day and wood fire
Courtyard side and cross side.
Without recourse and King’s game
Courtyard Side and cold cellar
Who helps and who increases?
Daybreak and bonfire.
Since always and it is for you.
April 1995
Une hirondelle est arrivée
Petits flashes d’espoir qui traversent les chambres de malades et que l’on discerne parfois à la faveur de visites……
Une hirondelle est arrivée, le printemps peut surgir.
Près du malade trois roses ou cinq œillets témoignent de ce qu’il est aimé. Le sourire du soignant, à la porte d’entrée, un baume sur le souffrir.
Le geste du voisin, un patient comme lui, prêt à le soutenir. Une valise ouverte, attendant des effets ; demain il va partir.
Une hirondelle est arrivée, le printemps peut surgir.
Le regard du malade prêt à vous accueillir, à vous dire son tourment, livrer maints souvenirs. Vigilance et douceur de l’infirmier qui soigne, réponse à son désir.
Constance du parent, de l’ami assis là, guettant un signe de celui qui semble dormir. Le merci du patient en fin de la visite : « Voulez-vous revenir ? »
Une hirondelle est arrivée, le printemps peut surgir.
Au terme d’une vie longue et remplie, ceux qui disent : « Je suis prêt, mon printemps peut venir. » Parole du malade qui retourne chez soi : « Enfin j’ai pu guérir ! » Complicité visiteur-visité, étouffant dans la chambre un fou-rire.
Une main rejoint l’autre, étalée sur le lit et par les doigts mêlés les larmes vont tarir. Amitié fulgurante, près d’un lit de « Dupré », perdurant dans l’espace, sans pouvoir se redire.
Une hirondelle est arrivée, le printemps peut surgir.
Mais combien faut-il d’hirondelles pour faire un vrai printemps, celui du sur-venir… ?
Réflexion de Nadège, atteinte de divers handicaps : « J’étais assise sur un des bancs de l’hôpital dans cette partie du petit jardin du « cloître La Rochefoucauld ». Les rosiers étaient fleuris, à mes pieds sur l’herbe, des corbeilles de fleurs… Alors j’ai oublié mes soucis, mes maladies, mes douleurs ; ils étaient comme enveloppés d’un voile, hors de moi…. Et je me suis dit : « je ne suis plus concernée par eux. Je suis comme au paradis… Ah ! Oui, le paradis existe ! Je suis si bien ici… »
Merci aux jardiniers, merci au Jardinier !
Mars 97
Fête du Printemps à Laennec
A swallow has arrived
Small flashes of hope that cross the sick rooms and that we sometimes discern with the favour of visits …
A swallow has arrived, spring may arise.
Near the patient three roses or five carnations testify to what he is loved. The smile of the caregiver, at the front door, a salve on the suffering
The gesture of the neighbour, a patient like him, ready to support him. An open suitcase, awaiting effects; tomorrow he will be leaving.
A swallow has arrived, spring may arise.
The look of the patient ready to welcome you, to tell you his torment, to deliver many memories. Vigilance and gentleness of the nurse who treats, response to his desire.
Constance of the parent, of the friend sitting there, watching for a sign of the one who seems to be sleeping. The thank you from the patient at the end of the visit: “Do you want to come back? “
A swallow has arrived, spring may arise.
At the end of a long and fulfilling life, those who say, “I am ready, my spring may come. “Word of the sick person returning home:” Finally, I was able to heal! Complicity between visitor and visited, stifling a mad laugh in the bedroom.
One hand joins the other, stretched out on the bed, and by mixed fingers the tears will dry up. A dazzling friendship, near a bed of “Dupre”, continuing in space, without being able to repeat itself.
A swallow has arrived, spring may arise.
But how many swallows does it take to make a real spring, that of the supervening …?
Reflection of Nadège, suffering from various disabilities: “I was sitting on one of the hospital benches in this part of the small garden of the” La Rochefoucauld cloister “. The rosebushes were in bloom, at my feet on the grass, baskets of flowers… So, I forgot my worries, my illnesses, my pains; they were like wrapped in a veil, outside of me…. And I said to myself: “I am no longer concerned with them. I am like in paradise… Ah! Yes, paradise exists! I am so well here… ”
Thank you to the gardeners, thank you to the Gardener!
March 97
Spring Festival in Laennec
Photos de famille
Faut-il que je versifie
Pour illustrer ce qui défie
Le regard sur photographies !
Sont-elles du temps, une vigie
Ou de la mémoire dystrophie ?
Sont-elles la reprographie
Du fond des âges ressurgie
D’un appel que je qualifie,
Tel un zoom qui se rectifie,
D’un génome qui nous unifie ?
Mai 1996
(photos de la fête d’Anne Marie à Meudon)
Family photos
Do I have to versify
To illustrate what is challenging.
The look on photographs!
Are they time, a look-out
Or memory dystrophy?
Are they reprography
Reappeared from the depths of ages
From a call that I qualify,
Like a zoom that rectifies itself,
Of a genome that unifies us?
May 1996
(photos of Anne-Marie’s party in Meudon)
Septantissimo
Ne pas voir les brindilles d’étoile
Essaimées ça et là par des pas insouciants
Ou faut-il relever les scintillantes traces
Parsemées sur le sol, les tapis et les toiles
Gommer ainsi l’appel aspiré vers l’espace
Du vivre sans espoir d’avenir rutilant.
Ne pas graver au marbre dur les rires
Engrangés l’avant-jour au jardin des festins.
Faut-il épinceter les bribes de mémoire,
Les disperser déjà, oublier les sourires
Et noyer la musique des paroles et du « voire » ?
Se retrouver sans jour et sans nuit au matin !
Oh non ! Croire au bonheur de ces jeux et ces mimes
Inscrits là sans retour sur les pages tournées
Du livre du destin qu’en silence on feuillette,
Etonné de trouver, accroché à la cime
Offert à souvenance avide de cueillette,
Sur l’arbre de la vie, le traîneau des années.
Janvier 97
Septantissimo
Not to see the twigs of star
Swarmed here and there by carefree steps
Or should we pick up the scintillating traces
Strewn on the floor, carpets and canvases
And so gum the call sucked towards space
From the living without hope of a shining future.
Do not engrave in hard marble the laughter
Garnered the day before in the banquet garden.
Should we peel the memory snippets,
Already Dispersing them, forgetting the smiles
And drown the music of words and “of seeing”?
To find oneself without day and without night in the morning!
Oh no! Believing in the happiness of these games and these mimes
Inscribed there without return on the pages turned
From the book of fate that we leaf through in silence,
Amazed to find, hanging on the top
Offered to memory eager to picking,
On the tree of life, the sledge of years.
January 97
Le Saint-Bernard de St Martin
Il sortait de la gueule
Du four, le soleil,
Dardant ses flammes sur l’homme, son chien et ses pareils.
Elle gîtait sur sa gueule
De loup, courbée, la feuille,
Assoiffée, quémandant son cercueil.
Il montrait sur la gueule
Des traces de gamelles, l’homme,
Sur son masque de peau tavelée de vieille pomme.
Il portait dans sa gueule
Une pleine bouteille, le chien,
Plastique rempli d’eau du canal parisien.
Elle reçut, en dégueule,
Une giclée d’eau fraîche, la foliole.
Un vrai cadeau de vie pour redresser sa fiole.
Il tombait comme d’une gueule
De canon, ce boulet de pitié,
Sur la fleur qui ne vit le chien s’en retourner.
La fleur n’y comprit rien.
Ni nous non plus peut-être.
Mai 97
The Saint-Bernard of St Martin
He was coming out of the mouth
From the oven, the sun,
Darting its flames at man, dog and its like.
She was lying on his mouth
Of Wolf, curved, the leaf,
Thirsty, begging for her coffin.
He was showing on the mouth
Traces of mess tins, the man,
On his mask of scabbed skin of old apple.
He carried in his mouth
A full bottle, the dog,
Plastic filled with water from the Parisian canal.
She received, in spew,
A splash of cool water, the bract.
A real gift of life to straighten ones flask.
He was falling like from a mouth
Of cannon, this drag of pity,
On the flower that did not see the dog turning back.
The flower did not understand a thing.
We neither, maybe.
May 97
L’homme de l’art
Le bouton d’or de son savoir
S’épanouit dans un verre à dent
Et se flétrit en un crachoir
De larmes d’ivoire et de sang.
Il est debout dans son prêtoire
Prêt à fustiger l’innocent :
Casaque blanche, chaussures noires
Masque ouaté, oeil avenant
Le geste large, ganté de gomme,
Invite moelleuse à s’asseoir,
A s’étendre allongé comme
Un rêveur au bord du soir.
Mâchoire offerte au doigt prudent
De l’explorateur de caverne
Vidée de trésor ; sous la dent,
Le voilà qu’il trouve et la cerne !
Et qui ne sait qu’à terme bref
De cette détente onirique,
S’intercale au tango de nef
Le cri de la scie électrique ?
Bouche ouverte à tire-nerf,
Rouge crissement de fraise,
Etouffement, brame de cerf,
Intense brûlure de braise
Puis vient une paix sidérale,
Déploiement des doigts momifiés,
Murmure d’une mer étale,
Transcendant soupir aurifié.
Arrêt béat de la technique
Sur rictus dès lors unifié.
Il a droit cet homme sympathique,
Au sourire à chevilles ailées.
Le bouton d’or de son savoir
S’épanouit sur nos belles dents.
Rendez-vous pris pour se revoir
Et garder oncques fois vingt ans
1946/1997
The man of the art
The gold button of his knowledge
Blooms in a tooth glass
And withers into a spittoon
Of tears of ivory and blood.
He is standing in his courtroom
Ready to castigate the innocent:
White gown, black shoes
Wadded mask, friendly eye
The broad gesture, gloved with rubber,
Suave invitation to sit down,
To lie down lying
A dreamer on the edge of the evening.
Jaw offered to careful finger
From the cave explorer
Emptied of treasure; in the tooth,
Here he finds and identifies her!
And who knows only in the short term
From this dreamlike relaxation,
Is inserted with the nave tango
The cry of the electric saw?
Mouth open to drawn-nerve,
Strawberry ‘s Red screeching,
Choking, roar of deer,
Intense ember burn
Then comes a sidereal peace,
Deployment of mummified fingers,
Whisper of a slack sea,
Transcending aurified sigh.
Blissful stop of the technique
On smirk since then unified.
He is entitled to this sympathetic man,
With a smile with winged ankles.
The gold button of his knowledge
Blooms on our beautiful teeth.
Appointment made to meet again
And never keep twenty years
1946/1997
Questionnement
Quand finira le temps des roses ?
La question, tous on se la pose.
Un seul printemps, un seul été,
Pâles pétales à effacer.
La question sur laquelle on glose :
Quand finira le temps des choses ?
Couteux objets à amasser,
Morceaux épars à ramasser
Quand finira le temps des pleurs,
De désolation et de peur ?
Qui fait fuir dans le morose :
Sans ferveur, ni chant on compose.
Quand finira le temps d’exil
Où suffit battement de cil
Vers la surconnaissance, exclue,
Pour y mener l’enfant perdue.
Ta question c’est aussi la leur :
Quand finira le temps du coeur,
En espace-temps ramassé
Qui a vertu d’Eternité ?
Juin 1997
Questioning
When will the time of roses end?
The question, we all ask it ourselves.
A single spring, a single summer,
Pale petals to erase.
The question on which we are commenting on:
When will the time of things end?
Expensive items to collect,
Scattered pieces to pick up
When the time of tears will end,
Of desolation and fear?
Who scares away in the morose:
Without fervour or singing one composes.
When will the time of exile end
Where enough is the blink of an eye
Towards the over-knowledge, excluded,
To lead the lost child there.
Your question is also theirs:
When the time of the heart ends,
In space-time collected
Who has virtue of Eternity?
June 1997
L’Icône
L’icône sur le mur lisse fane pour nous ses ors,
L’arum en inclinant sa cornette de nonne
Salue près de l’autel Celui qui se donna,…
Qui se donne, effritant les restes de combat
Comme ces nuages gris à l’horizon qui tonne :
Quête d’Exponentiel à livrer ses trésors.
Un reflet de fenêtre se balance dans l’arbre.
Est-ce l’ouverture au ciel où Seigneur Tu m’attends ?
Les aiguilles de cèdre aux branches font des ailes
Qui s’ouvrent et se déploient en vol de « pétrelles »
Sur l’océan des herbes sans voiles ni enfants.
Et ton Regard est là, percutant comme un sabre.
Juillet 1997 Combs
Comme il fait bon se souvenir !
En visitant l’Yerres d’aujourd’hui
J’ai étendu ma nappe phréatique
Sur la table de mes rêves desséchés.
Idem
The Icon
The icon on the smooth wall fades its gold for us,
The arum tilting his nun cornet
Salute near the altar the One who gave himself, …
Who gives himself, crumbling the remains of fight
Like those gray clouds on the horizon which is thundering:
Quest for Exponential to deliver its treasures.
A window reflection swings in the tree.
Is this the opening to heaven where Lord You are waiting for me?
Cedar needles on the branches make wings
That open and deploy in flight of “petrels”
On the ocean of grasses without sails or children.
And your gaze is there, striking like a saber.
July 1997, Combs
How good it is to remember!
By visiting Yerres of today
I have extended my water table
On the table of my withered dreams.
Same
Le Jardin fermé
On ne frappe plus à sa porte :
La rouille a grignoté les gonds.
Et aucun regard, en escorte,
N’admire la rose au balcon.
Lianes et lierres grimpent à la grille
Qui serrent des arbres inféconds,
Obscurcis de viornes et de vrilles.
Aucun n’ouvre les volets clos
Pour contempler au loin la plaine,
Ecouter quelque chant falot
De mésange ou de chantereine*
*(ou de grive-draine)
On ne frappe plus à son coeur,
Bien lové en ses broderies
Etouffé sous le poids des fleurs
Introuvables dans nos prairies,
Pulsant en faibles battements
Un sang figé en rêveries
Et en alacres jugements.
Personne n’y posera sa tête
Afin d’y grandir en bonheur
Dans l’évaporation muette
De tant de doutes et de rancoeurs.
On ne frappe plus à sa peine
Qui vers le soir, en rechampis,
Se grave au froid de ses veines.
Depuis longtemps ils sont partis
Ceux qui chassés de sa bretêche,
N’avaient plus rien à faire ici.
Et s’il existait une brèche
Au fond de ce jardin secret ?
Légère comme vol d’alouettes
Qui chantent pardon et regrets,
Présence douce, humble et discrète
Dont la lumière, en réméré
Infiltre une porte entr’ouverte…
Juillet 1997 Combs
The closed garden
We no longer knock on his door:
Rust has nibbled at the hinges.
And no gaze, in escort,
Doesn’t admire the rose on the balcony.
Lianas and ivies climb the gate
Which squeeze fruitless trees,
Obscured of viburnum and tendrils.
No one opens the closed shutters
To contemplate the plain away,
Listen to some light song
Of titmouse or chantereine *
* (or thrush)
We no longer knock at his heart,
Well coiled in ones embroideries
Suffocated under the weight of flowers
Not found in our meadows,
Pulsating in low beats
A blood frozen in reveries
And in cheerful judgments.
No one will put their head there
In order to grow there in happiness
In the silent evaporation
Of so many doubts and resentments.
We no longer knock to his pain,
Who towards evening, in rechampis,
Engraves himself in the cold of his veins.
They are long gone
Those who, driven out of his breteche,
Had nothing more to do here.
And if there was a breach
At the bottom of this secret garden?
Light like lark flight
Who sing forgiveness and regret,
Sweet, humble and discreet presence
Whose light, on repurchase
Enter a half-open door …
July 1997, Combs
La Parade du paon
C’était un drôle d’oiseau qui vivait de sa plume.
Il la grattait partout, même sur le papier,
Dans des académies, au fond des encriers,
Par de juteux extraits aux saveurs d’agrume.
Il l’aiguisait souvent, la mettant à l’oreille.
Regardait l’adversaire, et geste triomphant
La plantait devant lui, moqueur ou menaçant
Le tenant en respect devant tant de merveille !
Elle lui servait de flèche, de pipeau ou de lyre,
Et bien des égarés lui durent leur salut.
Il l’embarqua parfois à bord de lourds chaluts
Qui naviguent en eau riche de dollars et de lires.
Un jour, il eut envie de poser son panache,
De regarder la vie, de goûter l’avenir.
Vers une belle timide, il ajusta le tir.
Il souleva son aile et prit un air bravache.
La jeune indifférente, insensible au prestige,
Aigrette détournée, ne montra que son dos.
Plumes lisses et fermées aux chants et aux fados
Méprisant l’oeil noir par passion qu’il érige
Et qu’il fait onduler, amoureux essuie-glace,
En chatoiements vert-bleus irisés sur fond d’or.
Vers l’infante impavide devant tel trésor,
Il recule et il froue pour entrer dans la place.
A tant d’agitation, la plume n’y résiste.
Elle se rompt, puis s’incline et traîne sur le sol.
La belle se relève et dévissant son col
La contemple un instant pour suivre une autre piste.
A trop faire le faraud,
On provoque un sinistre
Et on y court le risque
De perdre bien plus gros.
Gasville Juillet 97
The Peacock Parade
It was a strange bird that lived off its feather.
He scratched it everywhere, even on paper,
In academies, at the bottom of inkwells,
By juicy extracts with citrus flavours.
He sharpened it often, putting it at his ear.
Was looked at the opponent, and triumphant gesture
Planted her in front of him, mockingly or threatening
Holding it in respect in front of so much wonder!
It served him as an arrow, a pipe or a lyre,
And many of the strays owed their salvation to it.
He sometimes took it on board heavy trawls
Which sail in waters rich in dollars and lire.
One day, he wanted to put down his plume,
To look at life, to taste the future.
Towards a beautiful shy, he adjusted the shot.
He lifted his wing and put on a brave air.
The indifferent young one, insensitive to prestige,
Turned away aigrette, only showed its back.
Smooth and closed feathers to songs and fados
Despising the brown eye for passion it erects
And that he is waving, lover wiper,
In iridescent green-blue shimmers on a gold background.
Towards the fearless Infanta in front of such a treasure,
He backs up and hisses like an owl to enter the square.
To so much agitation, the feather cannot resist it.
It breaks, then tilts and drags on the floor.
The beautiful gets up and unscrewing her collar
Is contemplating it for a while to follow another lead.
A too make the dandified,
We cause a disaster
And we run the risk
To lose much bigger.
Gasville, July 97
Le Jeu du « Je »
Telle qu’on me fit, je suis née « Je »,
Et sans être de blanche neige.
Bien qu’appelée de tous les vœux,
De versatilité, que n’ai-je !
Et parce que je suis née « Je »,
Je suis espace entre deux sièges.
Aussi me paraît-il oiseux
De poser la question où vais-je ?
Si jamais un choix ne l’assiège,
Mon « Je » se revêt de soie grège,
Laisse la bure loin de ses yeux
Prêt à la rejeter, le tais-je ?
La geste enrichit ou allège.
Pour ne se laisser prendre au piège
Reste l’arbre qui monte aux cieux :
Le Rameau de Jessé, le sais-je ?
Un jour, le « Je » se désagrège.
Et moi, portée en écrin beige,
Quand ce sera la fin du jeu
Dessus quatre épaules, craindrais-je ?
Paris 15 sept. 97
The Game of the “I”
Such as one made me, I was born “I”,
And without being of snow white.
Although called with all wishes,
Of fickleness, what do I have!
And because I was born “I”,
I am space between two seats.
So it seems to me idler
To ask the question where am I going?
If ever a choice besieges it,
My “I” is dressed in raw silk,
Leaves the bure far from his eyes
Loan to reject it, do I conceal it?
The gesture enriches or lightens.
In order not to be trapped,
remain the tree that ascends to heaven:
The Rameau de Jesse, do I know it?
One day, the “I” disintegrates.
And me, worn in beige ecrin,
When it will be the end of the game
Above four shoulders, would I fear?
Paris sept 15th. 97
